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Le
voici enfin, ce Bas-Doubs, derniers kilomètres de rivière
avant le confluent avec la Saône.
Moi
qui pensais que le Doubs avait une âme, un style,
je le croyais prévisible !
Ici, je ne le reconnais plus. L’ambiance est mystérieuse,
tant de calme et d’espace, il coule sans bruit et sans témoin, loin de
tout.
Ce
calme est presque angoissant, où sont les sentiers, les baigneurs ?
Il n’y a rien, juste cet étrange silence, et cette chaleur…
Comme
un bain ferait du bien ! On m’a pourtant prévenu, l’eau est très
polluée !
Bah, ça ne peut pas être pire que le Gange, et puis, il
y a beaucoup d’eau,
allez, tant pis, j’essaie…
Selon journal
"L'Echo
des pêcheurs"de janvier 2004 :
"Nous constatons
depuis plusieurs années que la pollution du Doubs
est de plus en plus réelle. Elle se traduit par des proliférations
algales, dues à des apports excessifs en éléments nutritifs
(nitrates et phosphates), par le colmatage des fonds et leur
contamination par des toxiques, avec pour conséquences la
disparition d'espèces vivantes (invertébrés et poissons).
Les IBGN en constante régression
(indice de
qualité basé sur l'absence
et la présence de certains invertébrés constituant la petite faune
du fond de la rivière), couplés à des taux d'oxygénation faibles,
sont signes avant-coureurs d'une mort annoncée.
Cette pollution
sournoise déjà mesurable dès sa source,
ne fait que s'accentuer tout au long du parcours
et les causes principales sont identifiées.

Le récent rapport de
la Direction Régionale de l'Environnement (France)
concernant le Doubs Franco-Suisse de Morteau à Brémoncourt
apporte les éléments suivants :
-
80
à 90% des nitrates dans l'eau proviennent de l'agriculture, il
apparaît dès lors judicieux d'optimiser les quantités et le
calendrier d'apport des engrais.
-
Le
nombre de laiteries-fromageries françaises non raccordées à un
système d'assainissement est encore trop important.
-
L'assainissement
des communes paraît encore très insuffisant.
-
Les
industriels utilisant des métaux lourds (ex : nickel, cuivre),
semblent responsables de la contamination des boues.
-
Les
conclusions d'une étude réalisée par l 'université de Namur en
juillet 2003 font apparaître que l'apport excessif en nutriments de
la retenue de Biaufond semble fortement s'accentuer d'année en
année, avec pour conséquences le comblement progressif et la
désoxygénation du plan d'eau.
Seules
des stations d'épuration avec traitement tertiaire
des effluents domestiques, liées à des pratiques agricoles moins
intensives et
plus en équilibre avec des charges nutritives
déjà présentes dans les sols, seraient susceptibles d'apporter
des solutions à moyen terme.
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