Le Doubs autrefois

Bassins + Saut du Doubs vers 1905

Les cours d'eau ont toujours été des lieux privilégiés 
pour l'installation d'industries. Avant d'exploiter la vapeur 
ou l'électricité, l'homme s'est servi du courant des rivières 
et des fleuves pour puiser sa force motrice.

Dans les Montagnes neuchâteloises, des petits moulins sont établis 
dès le Moyen-Age au bord des ruisseaux, notamment pour 
moudre le grain.

Les premiers rouages sont construits 
près des villages, à la Sagne et au Locle, aux alentours de 1350, 
tandisque le premier moulin de la rive droite du Doubs 
est mis en service à proximité des Brenets, 
peut-être déjà au XVème siècle. 

 

Moulin de la Mort vers 1900

Le nombre de petites usines hydrauliques augmente de manière
 spectaculaire dans les années 1600. 

Mais entre les risques de crues dévastatrices ou d'éboulements, 
l'exploitation d'un moulin reste un travail dangereux.

 

Moullin Jeanottat 1898

Vers 1600, on dénombre une trentaine de roues à aubes 
réparties sur une dizaine de sites sur la rive neuchâteloise, 
un peu moins sur la rive française. 

Ces roues actionnent des moulins, bien entendu, 
mais également des scieries, des pressoirs à huile, 
ou encore des forges essentiellement spécialisées 
dans la taillanderie (fabrication de lames).

Des verreries s'implantent provisoirement au bord de la rivière, 
épuisent les ressources en arbres alentour 
pour faire chauffer des fours à plus de 1000 °C, 
puis se déplacent de quelques kilomètres pour 
profiter de la végétation abondante. 

La matière première est importée de loin car le sable 
de la rivière ne se prête pas à la vitrification.

Verrerie de " La Guêpe" vers 1905

Le déclin s'amorce dès le dernier quart du XVIIIème siècle. 

Peu à peu, avec l'arrivée de l'énergie produite par la vapeur 
et la concentration des entreprises à proximité des voies 
de communication, le Doubs est déserté.

Du côté Suisse, 2 moulins subsistent en 1875
(Moron amont et les Moulins Calame),
mais ils ferment leurs portes vers 1880.

En 1900, on ne dénombre plus que 5 usines
aux abords des rives neuchâteloises.

La dernière d'entre elles cesse son activité en 1938.
Enfin, du côté français, la scierie de la Rasse est fermée vers 1956.

La Rasse vers 1905

Haut